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Parution Repenser la protection des cultures, aux éditions Quae et Educagri éditions


Parution du livre "Repenser la protection des cultures" aux éditions Quae et Educagri éditions
La période actuelle représente un tournant majeur pour l’agriculture à la recherche d’un modèle plus durable. La réduction de l’utilisation des pesticides, devenue un enjeu de société, est particulièrement en ligne de mire. Quelles solutions s’offrent aux agriculteurs pour assurer la santé de leurs cultures en s’adaptant aux nouvelles exigences réglementaires et en appliquant les principes de la « protection intégrée des cultures », adoptée comme standard européen ? Dans quelles conditions peuvent-ils faire évoluer leurs pratiques et quel rôle les autres acteurs du système agri-alimentaire ont-ils à jouer pour rendre ces évolutions possibles ?
Telles sont les questions que s’est posées un collectif de chercheurs dont l’originalité était de rassembler spécialistes de la santé des plantes, agronomes, écologues, mais aussi juristes, économistes et sociologues. Faisant la synthèse des travaux qu’ils ont conduits dans le projet GéDuPIC financé par l’Agence nationale de la recherche et coordonné par l’Inra de 2007 à 2010, ils présentent leurs analyses et leurs propositions dans un ouvrage « Repenser la protection des cultures - Innovations et transitions »* nouvellement paru aux éditions Quae et Educagri éditions.

 


L’agriculture de demain sera une agriculture de diversité. Diversité des produits dans nos paniers, diversité des systèmes de culture et des pratiques des agriculteurs. Biodiversité dans les variétés cultivées et au sein des écosystèmes. Diversité dans les espaces cultivés et dans les paysages.
 

Vers une gestion écologique de la santé des cultures


Composante d’une production végétale plus durable, la protection intégrée des cultures préconise le recours à des combinaisons judicieuses de méthodes faisant plus appel à des processus écologiques (la régulation biologique des ravageurs, la stimulation des défenses naturelles des plantes, le maintien de la biodiversité fonctionnelle…) et à des variétés résistantes, les pesticides n’étant utilisés qu’en dernier recours. Elle met aussi l’accent sur la prévention qui peut impliquer d’introduire plus de diversité dans la succession des cultures ou dans la distribution des variétés et des espèces dans le paysage.
Pour l’agriculteur, acteur premier des choix de protection, cette complexité de solutions se répercute au quotidien dans le pilotage des cultures. Il doit tenir compte d’observations de l’état de la parcelle, de la physiologie de la plante, de la météo passée et prévue, du niveau de présence de bioagresseurs, de l’éventuelle présence d’auxiliaires. Mais il est amené aussi à repenser en amont sa stratégie de production pour limiter la vulnérabilité aux bioagresseurs et par là-même la dépendance aux pesticides.
Les auteurs du livre soulignent la rupture que représente, pour des agriculteurs habitués à des solutions (chimiques) prêtes à l’emploi, d’avoir à intégrer dans leurs pratiques des techniques novatrices qu’ils doivent adapter à leur situation propre, devenant ainsi eux-mêmes acteurs de l’innovation. Cela impose aux agriculteurs et à leurs conseillers d’appréhender la diversité des dynamiques agronomiques et des processus écologiques en jeu dans leur environnement. C’est aussi un renouvellement de leurs métiers.
 

Croiser les regards sur la protection intégrée des cultures


Fondée sur l’analyse de cas concrets et de différentes innovations concernant les systèmes de production de blé et de pomme, l’étude, qui combine travaux expérimentaux et enquêtes de terrain, montre le bien-fondé de ces approches pour réduire le recours aux pesticides, tout en soulignant leurs limites actuelles et le besoin d’enrichir la diversité des solutions à la disposition des agriculteurs.
Mais l’étude va plus loin dans l’identification des « verrous » à lever pour faciliter la transition vers de nouvelles formes de protection des cultures grâce aux regards croisés d’agronomes, biologistes et écologues avec ceux des sciences humaines. Ainsi, là où l’agronome voit l’utilité de reconcevoir des systèmes en rupture, le sociologue souligne l’importance du cadre social dans lequel les agriculteurs évoluent et la progressivité de leurs trajectoires d’innovation. Les auteurs montrent d’ailleurs comment certains agriculteurs arrivent à surmonter cette contradiction.
Mais tout ne se joue pas au sein de l’exploitation agricole. Parce qu’il s’est façonné de façon cohérente autour d’une agriculture intensive en intrants, notamment pesticides, le système agri-alimentaire dans son ensemble – qu’il s’agisse du conseil, de l’innovation variétale, de l’organisation des filières, mais aussi du droit et des règlementations publiques – constitue un frein à l’émergence de solutions alternatives. L’ouvrage consacre une place importante à l’analyse de ces verrous et des leviers possibles du changement.
 

Impulser un changement concerté de l’ensemble des acteurs


Il apparait ainsi que les transitions vers d’autres formes de protection des cultures doivent être nécessairement portées de manière concertée par une diversité d’acteurs : consommateurs, agriculteurs, instituts techniques, firmes agro-alimentaires, chercheurs et responsables des politiques publiques, tous impliqués dans l’émergence et le déploiement des innovations tant technologiques qu’organisationnelles.
Les auteurs interpellent particulièrement les intervenants à l’aval des filières – transformateurs et distributeurs – qui peuvent agir au travers de la qualification des produits, les acteurs du système d’innovation, dont le fonctionnement doit être lui aussi repensé, et les pouvoirs publics qui ont un rôle éminent pour engager le changement et en maintenir le cap sur la durée.
Le livre « Repenser la protection des cultures » se veut être un guide pour ces acteurs et propose des pistes pour impulser durablement les transitions vers la protection intégrée des cultures.

* Repenser la protection des cultures - Innovations et transitions. Pierre Ricci, Sibylle Bui et Claire Lamine (coord.), Educagri éditions et éditions Quae, coll. Sciences en partage, déc. 2011, 256 pages, 25 €

Le livre est disponible à la commande sur les sites web Educagri éditions et éditions Quae et présenté au Salon International de l'Agriculture, stand Inra Hall 3 - Allée C - Stand 60.

 

Rédacteur : Service Communication
Contact scientifique : Pierre Ricci, pierre.ricci@sophia.inra.fr
Directeur de publication : Pierre Ricci, Sybille Bui, Claire Lamine
Unité : Projet GéDuPIC
Date de création : 21/02/2012
Date de dernière mise à jour : 21/02/2012

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